Artisans appliqués, les chercheurs ne cessent de remettre l'ouvrage sur le métier. Objectifs constants: mieux comprendre les mécanismes des affections et élaborer des traitements efficaces.
Cancer du col de l'utérus, un vaccin remboursé. Fruit du laboratoire français Sanofi-Aventis, le Gardasil est un nom que toutes les adolescentes vont bientôt connaître. Ce vaccin, arrivé cette année sur le marché suisse, protège contre plusieurs souches du virus HPV qui peuvent provoquer un cancer du col de l'utérus.
Dès 2008, le vaccin (480 fr.) sera remboursé par l'assurance maladie pour les adolescentes de 11 à 14 ans. Durant cinq ans, pour «rattraper les vaccinations manquantes», cette mesure s'appliquera également aux adolescentes de 15 à 19 ans.
Une telle rapidité se comprend par la volonté de protéger la population d'un virus qui touche trois femmes sur quatre, provoque 5000 interventions par an et cause la mort d'une centaine de femmes. Cependant, le vaccin ne protège que contre 70% des souches provoquant le cancer, n'épargnant pas les femmes de procéder régulièrement à un test de dépistage. En outre, des incertitudes demeurent sur l'innocuité à long terme du vaccin et la durée de ses effets, expliquant que des pays comme la Canada ne se sont pas précipités pour utiliser des fonds publics pour rembourser le sérum.
Alzheimer, déception et espoir. En matière de vaccination, les travaux européens auxquels ont participé des chercheurs zurichois, ont dû être interrompus en phase clinique. Car si l'immunothérapie était efficace, elle générait cependant des effets secondaires importants (encéphalites notamment). Mais les scientifiques n'ont pas dit leur dernier mot. Ils tentent aujourd'hui de juguler les débordements de ce traitement préventif.
D'autres travaux sont en cours s'agissant cette fois des soins curatifs. Aujourd'hui, les médicaments sont d'une relative efficience. Ils ne permettent que de retarder les symptômes de deux ans au maximum et n'agissent que dans 50% des cas. Mais, des études ont été lancées qui devraient intervenir sur deux axes.
En premier lieu, avec la mise au point d'une molécule capable de juguler la production de la protéine Bêta amyloïde et par conséquent des dépôts extracellulaires (provoquant des lésions au cerveau). Elle agit sur la localisation de la scission moléculaire (dont on sait qu'elle se produit à un endroit précis et indésirable chez les malades d'Alzheimer).
En second lieu, l'étude de la protéine Tau causant des dépôts à l'intérieur des cellules pourrait conduire à l'élaboration de tests diagnostics.
Le diabète, une progression constante. L'année 2007 a été marquée par des découvertes significatives en matière de génétique du diabète de type 1 et de type 2. Des chercheurs ont réussi à isoler et définir plusieurs gènes impliqués dans la maladie. Certains de ces gènes sont communs à d'autres maladies comme le risque cardiovasculaire ou l'obésité. Ces découvertes permettront probablement de mieux cibler les traitements. Dans l'immédiat, beaucoup plus de recherches sont ciblées sur ces résultats. La mauvaise nouvelle est que le diabète progresse inéluctablement depuis plus de quinze ans.
Auteur: Adélita GENOUD
Publication : 03 janvier 2008
Source : Tribune de Genève |