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puce LA GLACE DE L’ANTARCTIQUE FOND PLUS VITE QUE PREVU. (le 24/04/2008 à 15h01)

 

 

La glace du Groënland et de l'Arctique semble fondre plus rapidement que ce qu'ont prévu la plupart des experts du changement climatique, selon un rapport de l'organisation mondiale de protection de la nature WWF publié jeudi.

 

La glace du Groënland et de l'Arctique semble fondre plus rapidement que ce qu'ont prévu... 

 

"La calotte glaciaire du Groënland, dont le volume atteint environ 2,9 millions de kilomètres cubes, rétrécit à un rythme rapide et pourrait contribuer davantage que ce qu'on estimait précédemment à la montée du niveau des mers au XXIe siècle", note WWF.

L'organisation indique aussi que le réchauffement de l'Arctique a réduit à la fois l'étendue et l'épaisseur des glaces marines de cette région septentrionale, ce qui les rend plus vulnérables au dégel estival.

De nombreux spécialistes du climat n'ont pas suffisamment pris en compte les forces motrices de ces tendances, notamment les interactions entre l'épaisseur de la glace marine et la température de l'eau, selon WWF.

L'accélération récente de la fonte des glaces marines n'est pas intégrée à la plupart des modèles, note l'organisation dans son étude qui passe en revue les recherches sur le réchauffement mondial depuis 2005, dont les documents publiés l'an dernier par le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).

"Notre compréhension des impacts climatiques est en retard sur les changements que nous observons déjà dans l'Arctique", a déclaré Martin Sommerkorn, conseiller pour le changement climatique auprès du Programme pour l'Arctique de WWF.

"C'est extrêmement dangereux, car certains de ces changements de l'Arctique possèdent le potentiel de réchauffer la Terre nettement au-delà de ce que prévoient les modèles actuellement", a-t-il souligné.

WWF exhorte les pays de l'Arctique (Canada, Etats-Unis, Russie, Islande, Norvège, Suède, Finlande et Danemark en raison de son territoire du Groënland) à coopérer pour aider les populations de la région à s'adapter aux défis à venir.

"Nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre à des niveaux qui éviteront un réchauffement persistant de l'Arctique et la perturbation du système climatique global qui en résulterait", a déclaré Sommerkorn.

Laura MacInnis, version française Philippe Bas-Rabérin

Publication :  24  avril  2008

Rubrique :  Environnement

Source :  Reuters  Genève

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puce ENERGIE : LE DANGEREUX PARI DE LA « GLACE QUI BRULE ». (le 26/02/2008 à 03h03)

 

 

 

 

 

Alors que les réserves pétrolières s’amenuisent, les « hydrates de méthane[1]», mélanges glacés d’eau et de gaz naturel piégés dans le permafrost et les profondeurs océaniques, suscitent un intérêt croissant. Les réserves de « glace qui brûle » sont en effet au moins deux fois supérieures à l’ensemble des gisements d’hydrocarbures identifiés à ce jour. Problème : l’ extraction des hydrates de méthane est extrêmement compliquée. Pire : elle est très dangereuse ! Outre les risques d’affaissement géologique, l’exploitation massive de cette glace pourrait entraîner la libération accidentelle dans l’atmosphère d’énormes quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2, et très inflammable.

 

 

 

 

La « glace qui brûle » ! C’est ainsi que l’on désigne familièrement l’hydrate de méthane, une étrange glace inflammable composée d’eau et de méthane (CH4 ou gaz naturel). Loin d’être une simple curiosité scientifique, cette glace pourrait bien un jour prendre le relais des hydrocarbures traditionnels,  dont les jours sont comptés.

 

En effet, les hydrates de méthane sont tellement abondants dans le permafrost des régions polaires, et, surtout, au fond des océans, qu’ils pourraient subvenir aux besoins énergétiques de la planète pour plusieurs siècles.

 

Selon le groupe Total, les réserves de gaz naturel ainsi piégé - un seul mètre cube de cette glace peut libérer plus de 160 mètres cubes de méthane -, seraient de « 70 à 130 fois supérieures aux réserves prouvées de gaz naturel conventionnel. »

 

Selon le CNRS, ce seraient pas moins de 10 000 milliards de tonnes de méthane, soit deux fois plus que la capacité énergétique de l’ensemble des gisements de gaz, de pétrole et de charbon identifiés à ce jour, qui giraient ainsi à plusieurs centaines de mètres de profondeur.
Et avec une répartition assez homogène, puisque tous les continents en seraient pourvus.
En Europe, des réserves ont ainsi été décelées en mer Noire, dans le golfe de Cadix ou en mer de Norvège.


1)    DE  GIGANTESQUE  TSUNAMIS :

 

De nombreux pays gourmands en énergie fossile, comme les Etats-Unis, et surtout le Japon, dépourvu de tout hydrocarbure, investissent des sommes importantes pour mettre au point les technologies qui permettront un jour de tirer profit de ce pactole. Pour l’instant, sans grand succès. Car la glace qui brûle ne se laisse pas facilement capturer. Stable sous certaines conditions de température et de pression, l’hydrate de méthane fond et libère son précieux contenu à la moindre perturbation, rendant ainsi parfaitement inopérantes les techniques de forage et d’extraction gazière ou pétrolière usuelles.

 

Cependant, la flambée des prix du pétrole, qui rend désormais rentable l’onéreuse exploitation des sables bitumineux canadiens[2], pourrait donner un coup de pouce supplémentaire aux recherches.
En France, un laboratoire du CNRS, celui des « procédés en milieu granulaire » de Saint Etienne, expérimente ainsi une technique d’extraction qui consiste à injecter de l’eau chaude en profondeur avant de récupérer le gaz ainsi libéré.

 

Des travaux en partie financés par Gaz de France, l’Institut français du pétrole (IFP) et le groupe Total. Ce dernier se défend cependant d’accorder une grande importance à la glace qui brûle. « Son exploitation est techniquement délicate, et elle est en plus extrêmement risquée : extraire les hydrates de méthane en grande quantité pourrait déstabiliser les couches sédimentaires profondes et provoquer en surface d’immenses tsunamis  », rappelle Jean-François Minster, directeur scientifique chez Total.

 

 

 

2)    LE  METHANE  ACCELERE  LE  RECHAUFFEMENT :

 

Car le magot énergétique est aussi une menace pour la planète.  Outre les risques d’affaissement géologique, et le fait que, comme pour tous les hydrocarbures, la combustion du méthane soit une source de pollution, l’exploitation intensive des hydrates de méthane et la déstabilisation incontrôlée de ces derniers pourrait aboutir à des dégazages massifs à la surface de la terre.

 

Or, le méthane est un gaz aisément inflammable ! Certains scientifiques attribuent d’ailleurs la mystérieuse disparition d’avions dans la zone du « triangle des Bermudes » à leur rencontre explosive avec des nappes de CH4 échappées des profondeurs de l’Atlantique.
Car la libération du méthane des glaces peut se faire de manière « naturelle », par la simple élévation de la température des océans ou du permafrost.

 

C’est d’ailleurs précisément ce qui est en train de se produire dans les zones polaires, où, en raison du réchauffement climatique, les hydrates de méthane commencent à fondre.
Or, la libération en grande quantité de ce gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le CO2 pourrait contribuer à accélérer encore le réchauffement…et donc à libérer toujours plus de méthane dans l’atmosphère. Un scénario à vous glacer le sang et qui, selon des chercheurs américains, se serait déjà produit par le passé.

 

Selon eux, le réchauffement climatique survenu il y a 55 millions d’années serait la conséquence directe d’une libération massive de méthane par l’océan Atlantique.

 

 

Auteur :  William  BOLLE

Publication :  26  février  2008

Rubrique :  Environnement

Source :  Infodecouverte.oldiblog.com

 

Note :

[1]  Un mètre cube d’hydrate de méthane peut contenir 160 mètres cubes de gaz naturel. © IFM-GEOMAR.

 

[2]  Sables bitumineux : sables enrobés de bitume dont l’extraction et la difficile transformation en pétrole ont timidement démarré après le second choc pétrolier, avant de connaître un véritable boom depuis le franchissement de la barre des 70 dollars par le baril de brut.

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